Célébrer la St-Jean en tirant des leçons de la vie de St-Jean-Baptiste

Par: Domenic Ruso, pasteur à l'église180; Traduction par: Nicholas Normandin

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Pour plusieurs québécois, ce weekend est rempli d’émotions en tout genre.  Le 24 juin est à la fois une célébration de la naissance de Jean le Baptiste (St-Jean) et la fête nationale du Québec.  Typiquement, cette fête est principalement axée sur la reconnaissance et la célébration de la culture et l’héritage unique du Québec et des québécois.

Peu importe où on se situe sur les grands enjeux reliés à cette fête, rares sont les gens qui s’arrêtent pour réfléchir au sens plus large et aux aspects historiques de la vie de St-Jean en tant que tel.  Étant né au Québec, je n’ai aucun souvenir d’avoir été encouragé à prendre connaissance de son histoire ou son parcours, même si cette fête est en théorie à son honneur.

Ayant vécu à l’extérieur de la province par la suite, lors de mon retour au Québec, j’ai porté une attention plus grande à la perception que les étrangers ont du Québec.  Cela m’a amené à un questionnement sur notre apprentissage et nos réflexions sur nos us et coutumes et notre ouverture à les remettre en question.  Je crois que les églises et les communautés de foi se doivent de faire le point sur le parcours Jean le Baptiste et de mettre en relief ce qu’il peut nous enseigner et aussi ramener une certaine fierté d’être associé à son nom et son histoire.

Une fête symbolique

La Bible ainsi que le Coran nous donne le contexte dans lequel Jean est venu au monde.  Pour les chrétiens, la vie de Jean est un geste symbolique de l’intervention de Dieu qui voulait fournir espoir et liberté pour ses fidèles.  C’était durant le règne d’Hérode, le roi de Judée, qu’un couple, vieillissant, était incapable d’avoir un enfant (Luc 1 :5-25).

Considérant leur âge avancé, ils étaient persuadés que leur rêve de fonder une famille était rendu impossible.  Un jour, Dieu a fait ce qui n’était plus possible.  Le père de Jean a reçu la visite d’un ange, Zacharie, que sa femme porterait bientôt un enfant, malgré son âge avancé, et qu’ils devraient le nommer Jean.   L’ange lui a aussi dit que le garçon serait appelé à jouer un grand rôle, selon le Plan Divin de Dieu.

Tel que promis, 9 mois plus tard, Jean fût né.  Après ce jour, les parents à Jean ont commencé à voir les signes avant-coureurs de la promesse qui leur avait été faite.

Lorsque Dieu accompli quelque chose de nouveau

Jean était un visionnaire.  Simplement, il invitait sans relâche les gens à envisager l’émergence d’un nouveau royaume, qui ne serait pas terrestre.  Jean était perçu comme un drôle de personnage qui, avec le temps, devient un porte-parole inattendu appelant les gens à se préparer pour un nouveau mode de vie qui se pointait à l’horizon (Matthieu 3 :1-3).

Pouvez-vous vous imaginer à quel point il devait être difficile de tenter de convaincre des gens que des grands changements étaient à venir, dans le climat politique et religieux du moment ?  Il clamait haut et fort : Dieu transformerait une nation et le statu quo ne serait plus acceptable.  Jean, contrairement à plusieurs de l’époque, menait la charge sans relâche, malgré tous les obstacles sur son chemin.

Êtes-vous prêts pour quelque chose de nouveau ?

Un des signes d’engagement envers ce que Jean enseignait était l’acte publique du baptême, d’où l’appellation Jean le Baptiste.  Jean savait ce qu’on sait tous : les paroles s’envolent et les actions valent beaucoup plus que des paroles en l’air.  Du point de vue de Jean, si tu étais en accord avec ses enseignements, se faire baptiser par l’eau, en public, était un geste qui démontrait la volonté d’une personne d’accepter un nouveau mode de vie et de leur volonté d’effectuer un changement de cap dans leur vie. 

Une partie fondamentale de cette pratique ancienne, à laquelle nous participons encore à ce jour, est la volonté d’admettre nos erreurs et la nécessité de demander le pardon et de s’excuser pour ces erreurs.  Le mot biblique « repentir » illustre cette idée.  S’excuser n’était pas simplement une manière de dire qu’on avait une mauvaise journée ou que nous étions de mauvaise humeur mais plutôt une reconnaissance devant Dieu que nos problèmes et la manière que nous les adressons sont une conséquence de nos gestes égoïstes.  À travers ce processus, Jean disait : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même » (Luc 3 :11).

Nous sommes tous invités à accueillir le changement et se faire baptiser. Par contre, il faut être prêt à ce que cela implique : apprendre à vivre de façon altruiste.  Je me questionne à savoir combien de défis auxquels nous faisons face aujourd’hui qui pourraient être mieux adressés si nous étions plus facilement à l’aise d’admettre nos torts, s’excuser et de partager cela avec d’autres ?

La journée que la vie de Jean a changé

Jean ne savait pas que sa vie aussi serait changé à jamais, à travers toutes ces expériences.  Ce jour est celui où il s’est rendu compte que tous ses efforts portaient fruits.  Le jour où Jésus, celui duquel il préparait la venue, l’a visité.  Lorsque Jean s’est rendu compte que Jésus était venu pour se faire baptiser par Jean : « Mais Jean s'y opposait, en disant: C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi! » (Matthieu 3 :14).

Jean n’a sûrement jamais envisagé qu’un jour une province du Canada utiliserait fièrement son nom pour leur fête nationale.  Cela étant dit, il a définitivement mené une vie qui vaut la peine d’être remémoré.  J’espère aussi que, possiblement, son message, qui nous invitent et nous démontrent des sacrifices altruistes etun espoir visionnaire, et qu’ultimement ont mené à sa mort, nous donnes la sagesse nécessaire pour célébrer et se réjouir lors de la fête à laquelle il est maintenant associé à tout jamais.

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Vous pouvez lire ce texte en anglais ici.

Nous vous invitons à nous rejoindre pour une conversation passionnante ce dimanche, le 26 juin, à l'église180 à 10h30 « Unlearning to Listen: A Conversation with a Skeptic ». À ne pas rater !